Pourquoi ai-je choisi la space fantasy pour mon prochain roman ? Afin de répondre à cette question, je teste un nouveau format : l’auto interview !

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Table des matières :
Pour commencer en douceur
Pourquoi avoir choisi la space fantasy comme genre pour cette nouvelle saga ? Qu’est-ce qui te fascine dans ce mélange d’immensité cosmique et de magie ?
Mixer ces deux registres représente un potentiel énorme en création d’univers. Tellement, à vrai dire, que ça m’a fait peur dès le début, et que ça a constitué ma principale difficulté durant le processus d’écriture. Mais j’aime les défis, et je n’ai pas su résister.
L’aspect space opéra m’a permis d’explorer plus en profondeur des thèmes qui m’intéressent de plus en plus, telles que les intrigues politiques et économiques en lien avec les problématiques humaines. L’avantage de la fiction, et en particulier de la fantasy, c’est que l’on a la possibilité de distiller ces questionnements sans lourdeur au gré du texte. Libre à chacun d’en faire ce qu’il ou elle veut, ensuite.
La magie rend les choses plus acceptables, et elle me fait rêver autant que l’aspect infini de l’espace. Qui a, lui aussi, quelque chose de magique, non ?

Plongée dans l’univers
La space fantasy : un choix conscient ?
Peux-tu nous décrire en quelques mots l’univers de ton nouveau roman ? Qu’est-ce qui le rend unique dans le paysage de la space fantasy actuelle ?

L’intrigue se déroule au sein de l’Osménium, une organisation humaine nichée au sein d’un amas stellaire constitué de plusieurs milliers d’étoiles (et de presque autant de planètes habitées !). La civilisation s’y est développée avec ses cultures, ses traditions et sa technologie, tout en cohabitant avec une dimension plus mystique : la Manne. Ce courant magique contient toute l’énergie du vivant, mais seuls quelques élus sont capables de la percevoir et d’y puiser.
Un mage noir a sérieusement dérapé, quelques milliers d’années avant le début de La mort grise. De ce passé troublé restent un système solaire maudit une prophétie peu engageante. C’est avec cet héritage et les contraintes du présent que vont devoir composer les protagonistes. Pour le meilleur comme pour le pire !
Les défis de la space fantasy
Quels sont les défis spécifiques à l’écriture d’une space fantasy immersive ? Par exemple, comment équilibrer technologie et magie, ou rendre crédibles des planètes lointaines ?
Trouver un juste équilibre entre l’originalité et la crédibilité a été le défi le plus difficile à relever. Autant les univers s’offrent à moi sans peine lorsque j’écris de la fantasy plutôt médiévale, autant dans le cas d’Osménium, j’ai eu l’impression de marcher sur un fil. Trop m’éloigner d’éléments connus m’aurait perdue. Je voulais que l’on se représente facilement les lieux et les objets qui apparaissent dans le livre.

En parallèle, le registre axé space opéra crée des attentes de nouveauté et d’originalité. Les œuvres de référence, telles que Star Wars et Dune, sont tellement célèbres ! Concilier familiarité et originalité a été mon frein principal, au début de la rédaction. Et puis, les personnages et l’intrigue m’ont pris par la main, et je n’y ai plus pensé !
Les inspirations
Y a-t-il des œuvres (livres, films, jeux, mythologies) qui ont particulièrement nourri cet univers ? Ou est-ce une création 100 % originale ?
Une partie de l’intrigue ma trottait dans la tête depuis longtemps, sans décor qui lui était propre. Je crois que le déclic a été la série Andor, dont le rythme, les décors, les intrigues politiques et les personnages tiraillés m’ont captivée. J’ai éprouvé le besoin d’écrire une aventure mêlant plusieurs intrigues, sur plusieurs plans, portée par des personnages plus variés que je ne l’avais jamais fait.
La construction du monde
Comment as-tu préparé l’écriture de ce tome 1 ? (recherches, cartes, bible d’univers, etc.) Quels ont été tes outils pour garder une cohérence dans un univers aussi complexe ?
Au départ, l’intrigue était très floue. Les éléments dont je disposais ont rapidement été repoussés sur le tome 2. À l’heure actuelle, j’ai terminé ce fameux tome 2, et je peux déjà annoncer que ça a encore été décalé ! En conséquence, il m’a fallu réinventer ma première idée, en faire quelque chose de plus dynamique et de plus rythmé. J’ai donc commencé par élaborer une découpage par épisodes, en me posant chaque fois la même question : s’il s’agissait d’une série, quels personnages et quels aspects de l’intrigue j’aimerais voir avancer dans cet épisode ? Peu à peu, les chapitres ont pris forme et l’inspiration s’est nourrie de cette méthode.

L’immersion, cœur du projet
Tu parles de « roman immersif » : concrètement, comment traduis-tu cette immersion dans ton écriture ? Est-ce une question de style, de rythme, de détails sensoriels… ?
La première chose qui m’a immergée, moi, quand j’ai écrit La Mort grise, c’est le rythme. Au départ, je me contentais de suivre la trame prévue, et puis un jour, je me suis rendu compte que l’histoire m’avait happée. Le plaisir d’écrire est réellement revenu à ce moment-là, après des années plutôt creuses dans ce domaine. Cet univers, que je redoutais trop vaste, était devenu mien ! J’avais hâte de m’y replonger et de retrouver les personnages où je les avais laissés. L’enchaînement des points de vue et l’articulation en épisodes (eux-mêmes divisés en chapitres courts) ont joué un rôle capital.
Maintenant, reste à voir s’ils rencontreront autant de succès auprès des lecteurs et lectrices !

Les personnages, porte d’entrée du lecteur
Comment construis-tu des personnages attachants et réalistes dans un cadre aussi vaste ? Y en a-t-il un qui t’a particulièrement surprise ou challengée à écrire ?

Au départ, j’ai pensé mes personnages comme mon intrigue : en mode architecte. J’ai déterminé qui ils étaient et ce qui les animait, quelles étaient leurs valeurs. J’ai même choisi leur alignement moral (façon jeu de rôle) et leur profil MBTI ! Je m’en suis peu servi lors de l’écriture, mais je pense que ça m’a dotée une excellente base de départ et que ça reste en arrière-plan, dans mon esprit. En revanche, je doute que cela se devine à la lecture !
Au fil de l’écriture, comme tout personnage qui se respecte, chacun s’est affiné et a pris du caractère. Zak, en particulier, est vite devenu incontournable. Je ne m’attendais pas à ce qu’il prenne autant d’importance dans l’histoire. Désormais, c’est un peu mon chouchou…
Pour le moment, les nombreux personnages sont encore sous mon contrôle, cependant, je m’attends à des surprises lors de l’écriture du tome 3 !
Une scène marquante
Quel passage ou chapitre t’a procuré le plus de plaisir à écrire ? Et à l’inverse, lequel t’a posé le plus de difficultés ?
Sans surprise, le passage qui a coulé de lui-même et a le moins nécessité de réécriture, c’est le premier épisode consacré à Zak ! L’ambiance, le décor, les personnages et même le style : tout s’est parfaitement aligné !

Par contre, je n’ai pas souvenir d’un passage qui m’a particulièrement mise en difficulté. Certains m’ont demandé plus de réflexion, à cause de leur teneur plus politique ou de l’entremêlement d’arcs narratifs. Mais si je dois citer une difficulté, ce sera assurément la chronologie ! Un vrai calvaire !
J’ai essayé d’éviter les problèmes en établissant une frise dès le premier jet du tome 2, mais finalement, j’ai presque autant galéré ! Le problème vient de l’articulation des scènes : j’essaie de répartir les passages de manière aussi dynamique que possible sans rompre la cohérence temporelle. Par exemple, je me dis que je verrais bien les scènes A, B et D dans le même épisode, sauf que ça va placer C dans le suivant, et que C se déroule avant D…
J’ai passé des heures à essayer de résoudre ce genre de problème pour associer ensemble les scènes choisies sans mélanger la chronologie. Un vrai casse-tête ! Je m’attends à subir la même migraine avec le troisième livre !
L’expérience de lecture : un roman immersif ?
Quel type d’émotions ou d’expérience souhaites-tu offrir à tes lecteurs avec ce roman ? Si tu devais le comparer à une ambiance (musicale, visuelle, etc.), ce serait quoi ?
J’aimerais que les lecteurs et lectrices ressentent l’enthousiasme que m’a procuré l’écriture de ce roman ! Il est arrivé dans mon planning d’écriture comme un chien dans un jeu de quilles, et pourtant, il m’a offert beaucoup de bonheur et de confiance en moi. Tout ce que je peux souhaiter en retour à celles et ceux qui le liront, c’est de percevoir un peu de ces bonnes ondes entre les pages.
Pour ce qui est de l’ambiance… Je n’ai pas écrit en musique, mais il y en a quand même plusieurs qui sont liées à La mort grise dans mon esprit. Celle qui me parle le plus est Starchild, de Two Steps From Hell.

Un mot pour la route
Un mot ou une phrase pour résumer l’esprit de ta saga ?
Foncez ! (oui, ça résume parfaitement l’état d’esprit de la trilogie 😂)
Pour finir, un conseil
Quel conseil donnerais-tu à un·e lecteur·rice pour s’immerger pleinement dans ton livre ?
Laissez-vous porter ?
C’est ce que j’ai réappris à faire en l’écrivant !


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