Un roman immersif est-il nécessairement un roman féminin ?

Jeune femme profitant d'une lecture détente près de sa fenêtre avec un thé et son chien

Un type de roman immersif pour les femmes, et un autre pour les hommes ?

De nombreux stéréotypes associent les autrices féminines à un lectorat du même sexe, comme si, parce que l’on est une femme, on écrivait forcément des romans destinés à d’autres femmes. Notons que les ouvrages écrits par des hommes, eux, ne subissent pas trop ces clichés.

Le public masculin, en revanche n’y échappe pas. Si l’on se fie aux généralités, il rechercherait dans ses lectures davantage d’action, de dynamisme et de thèmes tournant autour du pouvoir ou de la morale. Si vous me connaissez un peu, vous sentez déjà que je vais tenter de mettre un grand coup de pied dans cette fourmilière.

Jeune fille qui porte un tas de livres

Mon lectorat étant essentiellement féminin, j’ai tout de même souhaité me pencher sur la question. Voilà ce qui ressort de cette rapide introspection / étude de texte.

Introduction

L’on retrouve en effet dans mes récits des éléments souvent associés à un public majoritairement féminin. Toutefois, on s’aperçoit que les éléments associés à un lectorat masculin s’y trouvent en proportion égale.

Si l’on prend le problème dans l’autre sens (si tant est qu’il y ait un problème), on constate que les attentes des lecteur·ice·s sont variables et de plus en plus éclectiques. Sans compter que les stéréotypes de genre n’ont guère le vent en poupe, en dépit de leur présence persistante dans les médias. En définitive, peut-être serait-il judicieux de ne pas vouloir créer trop de cases…

Lectrice cosy sous un plaid automnal

Roman immersif, roman féminin, roman masculin : un tri justifié ?

1. De nombreux personnages féminins

Les narrateurs de mes histoires sont souvent des narratrices ! Sicara, dans L’Édit d’Alambrisa, Jeya, Déné et Novi dans Osménium… Jean et Zak sont clairement en minorité, mais ce sont les personnages préférés de beaucoup de lecteurs et lectrices !

roman immersif de space fantasy avec couverture reliée violette collector chez Bibliocoffre

Et si des personnages nuancés, loin des stéréotypes de genre, sont la marque de fabrique des ouvrages féminins, alors j’accepte volontiers d’être placée dans cette case !

Sauf  que… dans Osménium, je reprends volontairement les archétypes de l’heroic fantasy, replacés dans un contexte nouveau. Le but est de casser les codes en les faisant évoluer, néanmoins, ces stéréotypes sont bel et bien là au début, et les fans du genre ne manqueront pas de les repérer aisément.  

2. Des problèmes de femmes ?

Les thèmes récurrents dans mes romans sont souvent associés à des récits qui seraient écrits par des femmes et pour des femmes. Quête de soi, gestion des émotions, critique de la société, émancipation, relations humaines et résilience.

Ce sont des thèmes universels, que l’on retrouve également dans un grand nombre d’œuvres écrites par des auteurs masculins, en littérature générale comme en fiction ! Le Nom du Vent, de Patrick Rothfuss, en est un magnifique exemple (et l’un de mes romans de fantasy favoris, au passage).

3. Et le féminisme, dans tout ça ?

Dans L’Édit d’Alambrisa, l’univers n’est pas régi par le patriarcat. On y trouve une quasi égalité hommes femmes.

Couverture du roman À Rebours de Alix d'Angalie, avec une montre à gousset, des lys et une danseuse

Dans À rebours : Jean poursuit sa quête, mais je crois pouvoir affirmer que la plupart des personnages féminins qui l’entourent sont des féministes ! De Lili à Augustine, en passant par Gabrielle, on trouve dans ce court one-shot des femmes fortes, indépendantes, avides de faire bouger les choses. Des suffragettes en devenir, sans aucun doute.

Dans Osménium règne une culture qui prône l’égalité des sexes. Pour laquelle ce n’est même plus une question, mais un acquis, quelque chose d’absolument habituel, intrinsèque. Dans cette trilogie, on a d’autres chats stellaires à fouetter !

Donc non, je n’écris pas des romans féministes. Vous y trouverez l’écho de mes valeurs et du monde dont je rêve, certes, mais pas de critique volontaire de notre société. Pas dans ce domaine, en tout cas.

4. De la sororité et de l’entraide

romans de fantasy autoédités collector et broché

Des relations loyales et fortes entre les femmes de mes romans, ça, vous en trouverez ! Dans L’Édit d’Alambrisa, Sicara est bien entourée : l’entraide naturelle et spontanée des alambrisanes évolue progressivement en amitiés solides et en liens indestructibles. La notion de sororité y est très présente… y compris avec des hommes !

Dans À rebours, elle se fait plus discrète, car Jean, le narrateur, n’en est que le témoin effacé. Il baigne néanmoins dans une communauté soudée et généreuse : celle des gens de l’opéra. La famille de cœur n’a jamais aussi bien porté son nom !

Osménium détonne une fois de plus : si des relations de confiance et de belles amitiés naissent entre ses pages, les personnages ont peu de répit. Ils sont souvent séparés, confrontés à leurs propres obstacles. Chacun son arc narratif et les vaches cosmiques seront bien gardées. Enfin, pas tout à fait, mais il faudra le lire pour vous en faire une idée ! Malgré ces particularités (et cette digression), la sororité réussit à s’y faire une place, surtout au sein du duo Déné-Novi, deux femmes aux vies très différentes, mais dont l’amitié traverse le temps… et l’espace.

5. Des femmes aux multiples facettes

Dans ce domaine, je signe pour chacun de mes romans !

On a déjà parlé des femmes indépendantes et engagées de À rebours, qui veulent faire bouger les choses, refusent de se laisser dicter leur chemin, leur avenir, leurs principes… Mais celles de L’Édit d’Alambrisa sont également des modèles de résilience : c’est de leur volonté qu’elles puisent leur force (leur physique n’étant clairement pas celui de combattantes de la légion étrangère).

Les femmes d’Osménium, toutes différentes, ne sont pas en reste. Têtues, intelligentes, résistantes, cultivées ou touche-à-tout : décidées à défendre leurs idéaux, prêtes à mourir pour leur cause. Étincelles garanties lorsqu’elles se croisent ! Car vous verrez qu’elles ne jouent pas toutes dans la même équipe…

De la romance à la space fantasy, mes romans sont toujours synonymes d’aventure, qu’elle soit humaine ou plus extériorisée.

bateau voguant sur une mer de fantasy sous un ciel étoilé

6. Le style, au cœur du roman immersif

Une narration poétique, qui fait la part belle à l’intériorité des personnages, est souvent associée à des textes produits par des femmes. Dans À rebours, les conflits et les résolutions tournent plus souvent autour des interactions humaines que de l’action pure, avec un style parfois contemplatif. On retrouve cela dans certains passages de L’Édit d’Alambrisa, où le registre de fantasy, propice à l’action, est tempéré par l’aspect utopique, où se développe une réflexion sur les valeurs.

À l’inverse, Osménium est porté par un rythme soutenu, plein d’action et de retournements de situation. Dans le tome 1, les personnages n’ont pas trop le temps de se poser des questions existentielles. Le Mal approche, après tout. Cela en ferait-il un roman plus « masculin » ? Ne serait-il pas réducteur de dire cela ? D’autant plus que dans les deux tomes qui suivent, l’univers se révèle moins manichéen qu’on pourrait le penser.

Dans tous les cas, des descriptions visuelles sont la clé d’une expérience de lecture immersive, que l’on évolue entre les pages d’une romance ou que l’on saute de planète en planète dans un livre de science fiction.

Plume sur un ancien registre, avec un petit pot d'encre

Conclusion

Alors, mes romans sont-ils des romans féminins ?
Peut-être.
J’assume.

L’on y retrouve des éléments souvent assimilés à un public plutôt féminin. Toutefois, on s’aperçoit que les éléments censés plaire à un lectorat masculin s’y trouvent en proportion égale. On constate aussi, ces dernières années, un réel désir de rompre avec les clichés et les attentes sociétales. La lecture est mixte. Pourquoi les livres devraient-ils avoir un sexe ?

Ce que j’en pense, dans le fond, c’est que mes romans n’ont pas pour but de plaire à un genre plus qu’à un autre, et que les lecteur·ice·s, ont le droit d’aimer ce qu’ils veulent et de varier les plaisirs !

Et vous, vous connaissez des romans immersifs qui plaisent autant aux femmes et aux hommes ?

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